La rubrique à Gégé

Des fois qu’on l’ait oublié !
Définition Wikipédia : le saut à la perche est une épreuve d'athlétisme faisant partie des sauts. Elle consiste, après avoir effectué une course d'élan d'une cinquantaine de mètres, à s'aider d'une perche souple pour franchir, sans la faire tomber, une barre horizontale placée à plusieurs mètres de hauteur.

D’accord, mais avant ça ?
Les origines de la perche remonteraient à la Grèce Antique. A l'époque, c’est un moyen efficace pour franchir des obstacles naturels, comme traverser des ruisseaux et les crevasses. Ce moyen de déplacement s’utilise également dans les contrées marécageuses pour franchir jalles et petits cours d’eau. Il est facile d’imaginer que les plus audacieux de ces «perchistes-franchisseurs» ont eu l’idée, à un moment donné, de se lancer des défis. Aussi, cette technique se transforme en sport lors des jeux irlandais des Tailteann Games pratiqués déjà vers 550 avant J.-C.

Au XVIIIe siècle, des éducateurs allemands créent une discipline, dérivée de la perche, qui privilégie l’aspect gymnique du mouvement. Le but était ainsi de réaliser un saut élégant dont la réussite était jugée sur des critères esthétiques. C'est seulement un siècle plus tard que les Anglais inventeront le «running pole leaping», soit le «bon à la perche avec élan».

Le premier record du monde officiel est établi lors des Jeux Olympiques des temps modernes, à Athènes en 1896, où le Britannique William Hoyt réalise un bond à… 3,30m! Les performances actuelles, supérieures de quasiment trois mètres à celles de cette époque, s'expliquent de diverses manières. Tout d'abord, le butoir n'existait pas. Ainsi, au début du XXe siècle, les perches étaient équipées de clous fixés à leur extrémité pour se ficher dans le sol. À l'époque aussi, la perche était faite de bois et ne pouvait donc se plier. Après avoir évolué vers le bambou au début du XXe siècle puis vers le cuivre et l'aluminium en 1950, elle est aujourd'hui en matériau composite ; mélange de fibres de verre et de carbone qui lui confèrent plus de souplesse et de résistance.
Evidemment, plus le matériel s’améliorait et plus la technique se modifiait et plus les records prenaient de la hauteur. Il est devenu urgent de se pencher sur l’adaptation de l’aire de réception. Auparavant, les athlètes devaient retomber autant que possible débout dans un bac de sable, comme en longueur et au triple saut… (photo ci-jointe). Que de gadins on a dénombré ! C’est au début des années 1960 que l’on a vu arriver des morceaux de mousse disparates maintenus en vrac dans un grand filet posé sur le sable de la fosse de réception. Au fil des ans, ça s’est structuré, et l’on a vu progressivement apparaitre des tapis bien constitués, avant d’arriver aux splendides matelas contemporains qui offrent de véritables pistes d’atterrissage…..Il est vrai que de nos jours, on tutoie les étoiles dans cette discipline.

Discipline qui est devenue olympique pour les femmes à Sydney en 2000, soit plus d'un siècle après les hommes…… C’est approximativement l’écart qui sépare les deux clichés ci-dessous.


Photos : Wikipédia

Maintenant, c’est le matériel qui semble soumis à rude épreuve !